Berbere devant la baie, 1933, Marcello Fabri

Berbere devant la baie, 1933, Marcello Fabri

Avec Berbères devant la baie, 1933, nous sommes en présence d’une manière de peindre plus âpre, plus hâtive, totalement dépouillée.

Au premier plan, un groupe de trois hommes en burnous, attitudes raides, encadrés par deux arbres. L’un, écorché vif par la fin de l’automne, se réduit à quelques traits secs en forme de V, comme des fémurs. Marcello-Fabri a écrit un poème en écho à ce tableau, mais avec une angoisse métaphysique dont celui-ci n’est nullement chargé.

L’autre arbre épanouit les couleurs automnales de son feuillage jusqu’au ciel, peint aux mêmes couleurs vives et rousses. Un ciel embrasé. La mer et la baie, à l’arrière-plan, s’interpénètrent aussi, dans les verts et les bleus durs. Nous approchons du registre fauve de la peinture chez Marcello-Fabri, c’est le seul tableau de ce genre qui soit connu. Le blanc des burnous, virant au jaune dans les plis, comme le blanc de l’arbre nu, sert à dramatiser le paysage.

L’humain comme le végétal sont ici théâtralisés par la couleur, élément moteur.