Environs d'Alger, 1916, Marcello Fabri

Environs d’Alger, 1916, Marcello Fabri

La toile “Environs d’Alger”, 1916, où l’on aperçoit, au fond à gauche, la ville et le port de l’Agha, est la plus contrastée. Le paysage est plus grandiose que celui des “Hauteurs d’Alger à Kouba”, pourtant c’est le même, seul le cadrage diffère, de même que dans sa toile de 1914, “Le séminaire de Kouba” ; retrouvée récemment chez un collectionneur.

Des Environs d’Alger sourd de cette lumière du soleil, mate à force de violence, du plein midi, écrasant de sombre, et même de violet, le cyprès au premier plan. L’arbre domine le tableau et le coupe presqu’en son milieu. La mer, au loin, vibre de bleu, jouxte des jaunes verts, encore des violets, ombres d’une vitalité âpre sur le rouge de la terre. Le dessin des champs en damier, le blanc légèrement gris des maisons composent une sonate de couleurs, “en fonction de quelque harmonie invisible / Ainsi qu’aux notes de l’octave, du rouge aigu au violet grave / dans les plans et reliefs mentaux ou plastiques (…) / chaque partie d’un complexe harmonique est en relation avec l’ensemble”’. (Six poèmes synchroniques, suivis de la Messe d’Art, 1922).

Le paysage, là encore, se referme sur lui-même, vide apparemment. Il est la réplique exacte de ces vers, extraits du même recueil ;

“Agrandis de ton infini le champ infime de l’espoir – espace du silence s’épanche en la nef de mon âme violet, pourpre, camail or croisés-ostensoir l’ombre vit multanisme et tout son violet est pailleté de jaune (…)”